Leçon 6

LA RECHERCHE SUR PLAN

55. DÉFINITION DE LA RECHERCHE SUR PLAN.

Vous savez tous qu'en travaillant simplement sur un plan, des radiesthésistes parviennent à indiquer de façon précise où se trouve un objet égaré ou une personne disparue. Ces réussites ont toujours étonné le public, voire des radiesthésistes qui n'ont pas essayé ce genre de recherches parce qu'ils les croyaient extraordinairement difficiles.

Nous allons vous apprendre, par cette leçon, à effectuer ces recherches : vous pourrez ainsi dire à un consultant, sans sortir de votre bureau :

La bicyclette qui vous a été volée se trouve maintenant sur la route de Montereau à Sens, à 4 km. de Sens ».

Ou bien : « La personne que vous recherchez est maintenant à Barcelone, en Espagne ».

L'opération qui vous permet d'obtenir ces résultats, si étonnants que beaucoup n'osent pas y croire, se fait à l'endroit où vous vous trouverez vous-mêmes, à une distance qui peut être très grande de l'objet ou de la personne à rechercher : c'est pourquoi on a appelé ce genre de recherches radiesthésiques la « téléradiesthésie ». Cette appellation est devenue courante, mais nous préférons de beaucoup « recherche sur plan » qui caractérise parfaitement l'opération.

56. QU'EST-CE QU'UN PLAN?

Avant de se lancer dans une « recherche sur plan », il est indispensable de savoir exactement ce qu'est le « plan ». Vous lisez dans le Larousse qu'un plan est la représentation d'un objet, en petit, sur le papier. Vous y verrez l'exemple suivant : le plan d'une ville.

Chacun connaît le plan de sa ville et peut, tant mal que bien, dessiner le plan du logement qu'il habite.

D'autre part, vous savez tous suivre les coureurs du Tour de France sur la « carte du Tour » qui est un plan représentant l'itinéraire de la course.

Toutefois, pour bien comprendre la recherche radiesthésique sur plan (on ne la réussit pas sans cela) il faut savoir avec précision comment on se sert d'un plan : l'usage du plan est devenu tellement courant que l'on ne se rend plus bien compte de ce qu'on en fait.

Le plan d'un terrain peut remplacer le terrain pour en désigner un point : par exemple, si vous demandez à un propriétaire où se trouve le puits de sa propriété, il peut vous répondre en vous montrant seulement un point sur le plan de cette propriété (et cela, à n'importe quelle distance de la propriété) : vous-même, en regardant le plan, pourrez savoir que le puits est au fond de la cour, à droite du garage, près du potager, etc. Le plan qui porte le garage, le potager, les clôtures et les bâtiments vous renseigne complètement en fixant le point désigné par rapport aux autres qui y sont représentés.

Encore un exemple : on peut vous donner la position d'un automobiliste en vous montrant un point sur la Route Nationale N° 7 représentée sur une carte de France : vous regardez les villes les plus proches du point qu'on vous indique et vous voyez que l'automobiliste se trouve entre Fontainebleau et Moret-sur-Loing : il est ainsi parfaitement localisé puisque vous connaissez sa position par rapport aux deux villes.

57. RECHERCHE AU PENDULE SUR UN ITINÉRAIRE.

Nous vous décrirons l'opération par un exemple.

Supposons que vous vouliez rechercher la position actuelle d'un voyageur qui va de Lyon à Nice par la Route Nationale No 7 ; vous avez la photo de ce voyageur.

Le matériel nécessaire se compose simplement d'un crayon, d'un pendule et d'une carte de la région Lyon-Marseille.

Placez sur votre bureau la carte Lyon-Marseille et, à droite de cette carte, la photo du voyageur. Prenez le crayon dans la main gauche et le pendule dans la main droite : l'opération consiste à suivre la route Lyon-Marseille avec la pointe du crayon en faisant la convention suivante : o Mon pendule tournera quand la pointe du crayon passera par l'endroit de la route où se trouve actuellement le voyageur dont j'ai la photo devant moi ».

Vous faites cette « exploration » de la route lentement, en regardant attentivement la route sur la carte et en jetant, de temps en temps, les yeux sur la photo.

La seule difficulté réside dans le fait qu'il faut suivre la route en pensant toujours au voyageur représenté par la photo.

Dès que le pendule tourne, vous marquez le point sur la carte et vous savez alors où se trouve le voyageur.

58. RECHERCHE DANS LE CAS OU RIEN N'EST CONNU.

C'est évidemment le cas général : on est alors obligé d'explorer toute la carte de la région où peut se trouver l'objet ou la personne à rechercher.

Exposons la méthode par un exemple. Supposons qu'on vienne vous annoncer qu'un enfant a disparu et vous demander de le rechercher.

Vous vous faites remettre une photo de l'enfant et vous la placez à droite de la carte de la région.

Le matériel nécessaire est : un chercheur transparent, un crayon et un pendule.

L'opération se fait en deux fois.

1. Explorer le plan en déplaçant le chercheur, à plat, avec la main gauche, en glissant sur la carte de façon que son bord rectiligne se promène d'un bout à l'autre de cette dernière : vous faites cette exploration, pendule en main droite, en convenant que le pendule tournera quand le bord rectiligne du chercheur passera sur le point où se trouve l'enfant défini par la photo.

Dès que le pendule tourne, immobiliser le chercheur transparent.

2. Rechercher le lieu où se trouve l'enfant en suivant, avec le crayon, le bord rectiligne du chercheur transparent comme si ce bord était une route (§ 57) en convenant que le pendule tournera quand le crayon passera sur le point où se trouve l'enfant défini par la photo.

Dès que le pendule tourne, immobiliser le crayon et marquer le point.

59. REMARQUE.

Si vous ne disposez pas du chercheur transparent, vous pouvez explorer le plan avec une règle ou avec le bord d'un papier calque, mais, pour que l'opération soit facile et rapide, nous utilisons le chercheur transparent coloré qui ne masque rien de la carte et sépare bien la partie explorée de celle qui ne l'est pas.

60. GENRALISATION DE LA RECHERCHE SUR PLAN.

Le radiesthésiste peut tout rechercher sur un plan, sur une carte ou même un simple croquis qui n'a pas la précision d'une carte : c'est ce qu'on exprime en disant que la téléradiesthésie peut s'appliquer à toutes recherches.

Vous pouvez donc, sur un plan, rechercher un objet, une nappe d'eau, du pétrole, de l'or, des cavernes, etc. Il vous suffira de disposer d'un plan de la région intéressée et d'opérer comme nous l'avons enseigné pour retrouver une personne. Vous remarquerez combien toutes les opérations radiesthésiques sur plan se ressemblent : l'important est de bien penser à ce que l'on cherche. Le rôle de la pensée est capital : c'est elle qui va chercher le renseignement où il peut se trouver, que ce soit auprès de vous ou à des centaines de kilomètres.

Le matériel du radiesthésiste n'a donc pour but que de rendre l'opération rapide et pratique : c'est à ce point de vue seulement qu'il est très intéressant.

61. CITONS EN EXEMPLE UNE RÉUSSITE DU CÉLÈBRE RADIESTHÉSISTE G. TREYVE.

Sortant de l'Opéra de Paris avec un ami, il s'aperçut que sa voiture avait disparu. Il se précipita dans un café où son ami le vit prendre son pendule, travailler quelques instants sur un plan de Paris, puis téléphoner. G. TREYVE en traîna rapidement son compagnon vers un taxi, disant au chauffeur : « Porte d'Ivry, on vitesse !

Les voleurs n'ont pas compris ce qui s'était passé : simplement un coup de téléphone à la police priant d'arrêter la voiture 793-73 qui venait d'être volée et se dirigeait vers une porte sud de Paris, probablement celle d'Ivry.

Voici comment TREYVE avait opéré : il chercha sur le plan la direction prise par la voiture en faisant tourner son crayon autour de l'Opéra, puis il chercha la position exacte de la voiture à deux moments successifs, ce qui lui permit de donner des indications suffisantes à la police.

Vous devez bien comprendre la façon d'opérer de ce grand radiesthésiste ; nous ajouterons qu'il n'est pas besoin d'employer un « témoin » pour définir la voiture à rechercher :

pour un automobiliste, « ma voiture » définit parfaitement l'objet de la recherche. Ce serait une grosse faute de se servir de la carte grise ou de la clef : ce serait préparer des distractions nuisibles à la réussite d'une opération assez facile.

62. QUELLES CARTES OU QUELS PLANS EMPLOYER ?

Nous ne pouvons évidemment pas vous dire quelles cartes ou quels plans vous devez choisir pour rechercher un objet égaré ou une personne disparue.

D'une façon générale, vous ne risquez rien en commençant par un planisphère, même dans le cas où l'objet ne saurait vraisemblablement se trouver loin de son point de départ.

Pour vous donner un exemple instructif, nous vous citerons l'une de nos recherches de 1947.

Une Parisienne, Mme de N..., nous écrit pour demander la recherche d'une très belle émeraude (bague), perdue depuis un mois, et à laquelle elle tenait beaucoup.

La première recherche sur carte d'Europe donne Dijon. La deuxième recherche sur guide Michelin (plan de Dijon) donne l'angle de la rue X.. avec la rue Y.. : l'un des quatre immeubles d'angle.

Nous écrivons ce résultat à Mme de N.. qui nous répond qu'elle possède un appartement dans cet immeuble: nous lui demandons alors le plan de l'appartement.

La troisième recherche sur le plan de l'appartement donne un point que nous marquons d'une croix.

Nous annonçons ce résultat à l'heureuse propriétaire de l'émeraude qui nous répond : « Je vais la chercher. Je vous tiendrai au courant ».

Huit jours plus tard, nous recevons une lettre disant que l'émeraude était retrouvée mais à O m. 36 de l'endroit indiqué par la croix. Nous avons répondu à Mme de N... que cette erreur était due à une faute du plan (cloison déportée légèrement). Et ce fut la fin de cette recherche tout à fait normale.

Nous avons cherché « l'émeraude perdue par Mme de N... » sans « penser » à autre chose et sans le moindre témoin.

63. LA DÉFINITION ET LE TEMPS.

Lorsque vous recherchez un. bijou, une bicyclette, une voiture, etc., ne vous attachez pas aux caractères généraux de l'objet mais au contraire à ce qui l'individualise. Si on ne peut vous donner de précisions suffisantes sur l'individualité de l'objet à rechercher, contentez-vous de définir l'objet comme nous l'avons fait pour l'émeraude du § 62: le collier perdu par Mme X... le 6 janvier 1953... la voiture volée au docteur P.:. tel jour..., etc. Ces définitions sont exactes et elles ne peuvent orienter votre recherche vers de fausses pistes. Les désignations: bague en or, voiture Peugeot 203, sont plus dangereuses qu'utiles puisqu'elles définissent une quantité d'objets autres que celui que vous cherchez.

En résumé, n'oubliez jamais que la grosse difficulté en radiesthésie est de « poser la question » de façon que la solution soit unique: elle est alors exacte.

Erreur de temps

Quand vous recherchez un objet ou une personne, il faut poser votre question à l'instant précis où vous opérez. Nous vous avons fait dire au § 57 « l'endroit de la route où se trouve actuellement le voyageur »...: insistons sur la différence énorme qui existe entre la recherche d'une nappe d'eau et celle d'un voyageur. A des années ou même à des siècles près quelquefois, la nappe d'eau reste la même tandis qu'à une heure près, le voyageur change de lieu. Une imprécision de temps, dans votre recherche, produira forcément une erreur de lieu dans le résultat de cette recherche:

c'est pour n'avoir pas tenu compte de cette observation que des opérateurs ont collectionné les échecs au point qu'ils ont abandonné ou bien tenté d'expliquer leurs échecs par des hypothèses de haute fantaisie.

64. AVANTAGES DE LA RADIESTESIE SUR PLAN.

Vous avez certainement été frappé par la simplicité extrême de notre méthode de recherche sur plan: à ce propos, nous pouvons vous assurer que nous connaissons un grand nombre de procédés opératoires différents. Si nous ne les mentionnons pas dans ce cours, c'est uniquement parce que c'est un Cours Pratique et non un recueil de tout ce qui a été écrit sur la radiesthésie. Nous passons sous silence, par conséquent, les autres procédés qui sont d'une complication inutile ou sujets à des erreurs.

Il était important de mettre au point une méthode simple et pratique de recherche sur plan parce que (vous serez certainement de notre avis) la recherche sur plan est la véritable radiesthésie d'un usage absolument général, plaçant l'opérateur dans des situations toujours les mêmes et lui assurant une maîtrise sans cesse croissante s'il comprend bien ce qu'il fait.

La neutralité

Nous vous avons mis en garde contre les erreurs venant d'une suggestion ou d'une simple supposition qui vous viendrait à l'esprit en examinant le terrain que vous parcourez avec le pendule ou la baguette. Relisez le § 28 : « Effectuez vos recherches d'eau en ne tenant aucun compte de ce que l'examen du terrain pourrait vous suggérer .

Quand vous rechercherez de l'eau sur une carte, le terrain ne peut vous induire en erreur: vous ne le voyez pas.

Rien n'est neutre comme un morceau de carte et si vous cherchez une caverne, un minerai.., vous ne risquez pas les erreurs fréquentes de ceux qui sont trompés par une faille sans intérêt ou un morceau de minerai venu par hasard.

Il est indéniable et l'abbé MERMET l'a nettement affirmé que la radiesthésie sur plan supprime un très grand nombre d'erreurs dues à un défaut de neutralité; nous en verrons l'application véritablement merveilleuse en radiesthésie médicale. Rien que cet avantage devrait pousser tous les radiesthésistes vers cette branche de leur art.

Les possibilités sans limites

Le fait de pouvoir effectuer toute recherche sans quitter sa table de travail et en un temps insignifiant constitue pour la radiesthésie sur plan une supériorité extraordinaire. Plus besoin de se rendre sur place d'où une économie inespérée:

on n'est pas gêné par les forêts, les cours d'eau, les lacs, les clôtures de toutes sortes.

Les grandes distances n'ont absolument aucune importance: Le radiesthésiste découvre aussi facilement ce qu'il cherche à des milliers de kilomètres que sous ses pieds.

Quelques lecteurs se demanderont peut-être pourquoi, poussant à l'extrême notre désir de simplification, nous ne nous sommes pas contentés d'exposer exclusivement cette prodigieuse «recherche sur plan ». Il y a deux raisons qui justifient notre façon de faire :

1) Certains cas de recherche sur le terrain sont tellement simples qu'il serait ridicule de ne pas savoir ce que vous avez appris déjà ;

2) Il vaut mieux apprendre sur le terrain le métier de radiesthésiste, ne serait ce que pour obtenir des mouvements-réflexes nets et violents dès le début de l'entraînement: en effet, beaucoup d'opérateurs éprouvent des difficultés à bien se représenter à la fois ce qu'ils cherchent et le terrain où cela se trouve quand ce dernier est figuré seulement sur un papier: leur esprit réclame plus de concret. Après de nombreuses opérations réussies sur le terrain, ils ne pensent plus à la méthode qui leur est devenue habituelle. Leur pensée devient beaucoup plus active et peut travailler aussi facilement dans l'abstrait.

Ils deviennent alors de véritables radiesthésistes, capables d'utiliser au mieux des facultés intelligentes qui les distinguent essentiellement de leurs frères inférieurs les animaux : le compagnon de saint Antoine ne peut chercher les truffes que près des arbres et celui de saint Roch ne peut retrouver son maître au moyen d'une carte.

65. UN EXEMPLE DE RECHERCHE SUR PLAN.

Pour terminer cette leçon qui, nous l'espérons, vous sera précieuse, voici une recherche pleine d'enseignements que nous avons réalisée en décembre 1952.

Nous lisons dans le Figaro qu'on recherche, dans la forêt de Fontainebleau, une petite fille perdue depuis la veille (16 heures). Il était 9 h. 45 quand nous avons lu l'article qui lais sait peu d'espoir de la retrouver en vie car la température s'était tenue la nuit entre -5° et -10°. Les journalistes et les centaines de policiers, de civils et de militaires qui avaient pris part aux recherches infructueuses, pensaient que la petite s'étant écartée de l'endroit où ses parents, fleuristes à Saint-Mandé, cherchaient de la mousse, avait traversé la route et avait été écrasée puis dissimulée dans la forêt; pourtant les excellents chiens policiers de Melun n'avaient rien trouvé.

A 10 heures, notre téléphone sonne et le père de la fillette demande notre concours; nous le prions de venir chez nous au plus vite.

L'opération se déroule normalement. Comme il n'avait pas de photographie de sa fille, nous demandons au père de nous donner le nom et l'adresse de la petite, ce qui la définit parfaitement.

Nous commençons par le plus pressé, et en quelques secondes de travail au rapporteur universel (vous le ferez bientôt), nous affirmons : l'enfant est en vie, elle n'est même pas enrhumée ! Comment est-elle donc habillée ? Le père, radieux, nous raconte qu'on lui avait acheté, la veille, un anorak, une casquette de laine, etc.

Nous répondons : maintenant, allez la retrouver. Un passage de chercheur transparent sur la carte de la forêt et un parcours de crayon (voir plus haut § 58) donne un point que nous montrons à M. CHABERT, père de la petite Nelly, qui paraît sceptique : « C'est à deux kilomètres de l'endroit où nous l'avons perdue de vue! ». Nous lui répondons : « Elle est là : ne perdez pas de temps et téléphonez-moi pour me donner confirmation de son état de santé, incompréhensible mais certain ».

Peu de temps après, M. CHABERT téléphonait : « J'ai ma fille... elle est en parfaite santé... à l'endroit précis que vous avez indiqué !

Chose curieuse, M. CHABERT a trouvé sa fille dans les bras d'un policier de Dammarie-les-Lys qui venait renforcer les équipes de recherche : c'est en passant à 1.800 mètres de l'endroit probable que ce policier vit une enfant tranquille sous un arbre et qui lui dit : « Vous venez bien tard, je n'ai pas déjeuné... Une grosse bête est venue lécher ma figure pendant la nuit... ».

Cette recherche qui n'a pas duré plus de trois minutes nous a laissé un agréable souvenir et une lettre aimable du fleuriste confirmant ses remerciements téléphoniques :

nous vous l'avons racontée parce qu'elle comporte des enseignements de première importance.

a) Neutralité. Les résultats trouvés étaient absolument contraires au bon sens : une fillette de trois ans passant une nuit dehors au-dessous de -5° sans s'enrhumer et se trouvant le lendemain matin à 1.800 mètres de l'endroit où s'était arrêtée sa famille. Ces résultats étaient si absurdes que personne ne la croyait en vie et que les recherches n'avaient pas été poussées jusqu'à une telle distance. Le radiesthésiste doit être complètement neutre, c'est-à-dire s'attendre à tout, ne rien imaginer et énoncer froidement ce qu'il trouve, même si cela lui paraît stupide : il ne trouve la vérité qu'à ces conditions.

b) Sécurité et simplicité. Quand on emploie une méthode claire et simple comme la nôtre, il est possible de suivre tout ce que l'on fait et on arrive vite à une sécurité dans les résultats que peu de radiesthésistes osent espérer. Au moment où nous avons assuré à M. CHABERT que la petite Nelly était en parfaite santé, nous avons vu un homme sangloter à corps perdu et nous l'avons vu ainsi sans autre sentiment que la joie : nous étions sûr de nous, sans cela...

c) Les possibilités. Inutile d'insister sur les possibilités de la recherche sur plan: ajoutons simplement que la forêt dans la région intéressée, est un immense chaos de rochers,

de hautes fougères, de buissons et de grands arbres qui rendent impossibles la marche en ligne droite, les visées rectilignes, les matérialisations de directions... Dans un tel terrain, il est très facile d'échapper à une battue même organisée par des spécialistes : par contre, des plans bien faits existent où quelques rochers curieux sont marqués par des points repérés : la radiesthésie sur plan avait là une application privilégiée.

d) L'éducation du public. Vous qui avez suivi notre enseignement, rappelez-vous ce que nous avons dit sur la recherche exécutée sur le terrain avec la main gauche « en antenne » : si le fleuriste avait connu ces procédés faciles, il aurait pris sa montre comme pendule et aurait cherché la direction prise par l'enfant (qui a marché pendant des heures). Cela aurait probablement suffi à l'approcher à portée de voix alors qu'on l'a appelée très loin de sa position réelle. Enfin, en cas de non-réussite par ce procédé, il avait la carte!

Notez qu'un père de famille cherchant l'un des siens se trouve dans une situation privilégiée pour penser à la personne recherchée par rapport à un radiesthésiste qui ne la «connaît » même pas par une photographie.

Vous serez donc de notre avis : il faut répandre dans le public la véritable connaissance de la radiesthésie, moyen merveilleusement efficace de découverte qu'il est pénible de voir si peu utilisé.

En conséquence, chers lecteurs, lisez soigneusement et faites lire notre cours qui n'a pas été créé dans un autre dessein que celui de rendre service.

66. - LE TESTAMENT DE Miss HARRIET HALLOWEL.

Donnons encore un exemple de recherche sur plan qui, croyons-nous, rendra service à beaucoup de lecteurs. Voici le récit détaillé d'une opération que nous avons faite en 1946.

Monsieur,

" Une américaine demeurant à Moret y est décédée en 1943.

Ses proches parents qui habitent l'Amérique sont persuadés qu'elle a fait un testament qui, caché dans sa maison, pensent-ils, n'a jamais été découvert.

" Ils me demandent de faire l'impossible pour retrouver ce papier. J'ai donc pensé à demander votre concours et je vous serai obligé de me dire si vous consentiriez à opérer cette recherche.

La défunte habitait deux maisons juxtaposées très anciennes et importantes qui font partie des fortifications de la ville. Il est donc difficile d'en dresser un plan.

P. "

Je téléphonai aussitôt au signataire de la lettre que je me chargeais volontiers de cette recherche et le jour même la voiture de M. Louis PARENT, ancien greffier, administrateur de la succession de l'Américaine, me conduisait à Moret.

Moret-sur-Loing est une charmante station touristique àil kilomètres de Fontainebleau. Les deux maisons, habitées jusqu'en 1943 par Miss HARRIET HALLOWEL, sont de vieilles demeures où des travaux considérables avaient été faits pour qu'elles fussent l'habitation rêvée d'un artiste : la défunte était, en effet, un excellent peintre et graveur. Les murs séparant les deux maisons étaient percés de plusieurs ouvertures et des pièces réunies ne laissaient plus voir de traces des séparations, si bien qu'en montant l'escalier de la maison de gauche, on ne pouvait dire si telle pièce était de cette maison ou de celle de droite: enchevêtrement complet jusqu'au deuxième étage où un immense atelier couvrait les deux immeubles. En visitant les lieux avec M. PARENT, je compris la difficulté de dresser des plans complets de ces habitations.

M. PARENT me dit que, d'après certains renseignements, le testament se trouvait à la cave, dans une cachette: il se munit des outils nécessaires et nous descendîmes à la cave où je cherchai " un testament signé de Miss Harriet HALLOWEL ": je déterminai deux directions qui se coupaient en dehors de la cave et je décidai de remonter.

Les maisons, inhabitées depuis près de quatre ans, étaient glaciales, celle de droite absolument vide, celle de gauche, élégamment meublée au rez-de-chaussée, servait, au premier étage, de garde-meuble au point que la pénétration y était très difficile.

Dans ces conditions, je décidai de renoncer à la recherche sur les lieux mêmes et de revenir travailler, au chaud, dans mon bureau à Fontainebleau: le procédé choisi fut le suivant:

- Faire un croquis du rez-de-chaussée des deux raisons, ce qui était facile;

- Rechercher, sur ce croquis, au pendule, la projection verticale du testament en question;

- Enfin, déterminer, au pendule, l'étage où se trouve le testament.

Le croquis fut fait au crayon en quelques minutes, en notant soigneusement tout ce qui pouvait servir de repère pour fixer un emplacement: portes, fenêtres, placards, meubles, etc...

Après avoir pris un grog bien apprécié, l'opération fut faite en moins d'une minute, le testament était découvert dans la maison de gauche, comme l'indique la figure n° 7.

Et je téléphonai à M. PARENT: < J'ai le testament: nous irons le chercher quand vous voudrez.

- J'emporte pics et pioches?

- Inutile: il se trouve dans la maison de gauche au premier étage, au-dessus du salon, à quelques centimètres au-dessus du plancher. Emmenez seulement quelqu'un qui con-naisse bien l'anglais.

- Vous m'étonnez beaucoup puisqu'on cherche dans les pièces des deux maisons depuis quatre ans, mais nous irons après-demain ".

Le surlendemain, je me rendis directement à l'endroit repéré et je dis: " C'est là, dans cette caisse ". M. PARENT dit alors: " Je comprends: le secrétaire que voici possède un secret que nous n'avons point trouvé et certainement... ".

Je jetai un coup d'œil par la fenêtre pour vérifier l'aplomb du point trouvé sur le plan du rez-de-chaussée et je répétai:

" C'est dans la caisse: le secrétaire est à un mètre du point que j'ai trouvé et je ne puis me tromper d'un mètre; le repérage était facile grâce à la niche se trouvant au salon et à la porte du premier étage située exactement sur celle du rez-de-chaussée ".

Devant mon insistance, et sans enthousiasme, M. PARENT, Mme PARENT et M TOURAUT, huissier à Moret, ont bien voulu m'aider à explorer cette caisse pleine de livres et de cahiers:

en feuilletant un cahier, Mme PARENT fit tomber une enveloppe longue d'où elle sortit un papier plié en trois qu'elle lut doucement:

AU CAS OU JE MOURRAIS A MORET JE DESIRE...

Signé . Harriet Hallowel

Nous nous rendîmes aussitôt chez M LEJEUNE, notaire àMoret, à qui le testament fut remis pour être inséré au dos-sier de la succession.

Vous avez certainement deviné comment j'ai découvert que le testament se trouvait au premier étage: simplement en traçant un rectangle représentant la maison de gauche et en cherchant au pendule l'étage où se trouve le " testament de Miss Harriet HALLOWEL ". La figure no 8 représente ce rectangle: la hauteur au-dessus du plancher a été naturellement mesurée au rapporteur universel.

Remarque n 1. Nous avons donné cet exemple parce qu'il montre bien l'avantage immense de la recherche sur plan:

et encore, il faudrait insister sur l'avantage exclusif de la

neutralité. Nous demandons aux radiesthésistes professionnels et aux amateurs expérimentés d'apprécier la difficulté que présentait la recherche dans la cave quand la première direction trouvée semblait indiquer une brique entourée de plâtre vers laquelle M. PARENT s'est dirigé immédiatement et quand la deuxième direction ne devait pas recouper la première sur cette brique: répétons que, sans neutralité absolue, pas de radiesthésie.

Remarque n 2. Notre meilleur souvenir de cette affaire a été le remerciement de M LEJEUNE: " Merci, monsieur ", aussi simple et aussi naturel que si un électricien avait réparé sa sonnerie ou un plombier son lavabo. Loin de nous étonner, nous considérons au contraire qu'un jour, quand les radiesthésistes connaîtront leur métier, on les appellera comme le plombier ou l'électricien pour apprendre qu'un intestin est bouché ou qu'une glande ne débite pas assez...

Remarque n 3. Un instant d'émotion: un mois après cette recherche, M. PARENT nous téléphona: " Le testament ne vaut rien: les héritiers sont morts avant Miss Harriet HALLOWEL: elle en a donc fait un autre qu'il faudrait trouver ".

Après dix secondes de réflexion, nous avons répondu que ce deuxième testament nous l'aurions trouvé: une nouvelle recherche est inutile.

Nous avions raison: le testament ne vaut rien en France, mais est excellent en Amérique où " les morts héritent ", c'est-à-dire que les descendants d'un héritier mort deviennent eux-mêmes héritiers.

Remarque no 4. Il y avait dans la maison cinq testaments signés Georges HALLOWEL, Sarah HALLOWEL, etc. Ils ne nous ont pas gêné parce que nous cherchions un testament signé Miss Harriet HALLOWEL. Veuillez bien noter à ce propos la précision de la pensée et l'absurdité qui consiste à charger de cette fonction délicate un " témoin " quelconque ou un aimant ou du radium (!) ou autre quincaillerie inerte mais dangereuse car l'attention qu'on y apporte, tout en étant inutile pour l'opération, est au détriment de celle qui est nécessaire.

Remarque n 5. On nous croira, pensons-nous, quand nous assurerons que la recherche précédente a été donnée en vue de fournir à des praticiens un exemple pouvant leur être utile en cas d'opérations se présentant dans des conditions peu commodes: notre méthode permet toujours d'en venir à bout.

Nous avons le plus profond mépris pour les " livres d'or "(pour le nôtre comme pour les autres) : nous signalerons seulement, en passant, que l'opération relatée ci-dessus a eu pour témoins un greffier, un huissier et un notaire, ce qui est assez amusant. En outre, il a bien fallu annoncer par acte officiel, la façon peu courante dont une pièce importante était versée au dossier.

Ajoutons pour terminer que M LEJEUNE a demandé aussi puisque c'est si facile " que nous lui retrouvions les titres de propriété des deux maisons et " les archives et comptes de la Société des Filles de la Révolution Américaine: section Rochambeau ". Ce qui fut fait de la même façon en janvier 1947, bien au chaud dans notre bureau de Fontainebleau, pendant que la neige recouvrait les maisons de Moret où, dans des armoires pleines de dossiers poudreux, des papiers d'affaires se cachaient aux yeux des hommes de loi mais ne pouvaient échapper à la découverte d'une radiesthésie expérimentale et humaine à la fois.

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Tiré de "TOUTE LA RADIESTHESIE en neuf leçons" (épuisé) de Maurice Le Gall.

Cet ouvrage mérite d'être réédité!

C'est mon Ami, Jean Noirat de St Dizier-l'Evêque, trop tôt décédé, qui m'a fait découvrir Maurice Le Gall!

Occasionnellement on trouve un exemplaire ou l'autre de ce précieux livre dans les livres anciens !


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